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L’attrait des villages

Jacques Pilet

Par Jacques Pilet · Publié le 6 février 2026 · 11 min de lecture

L’attrait des villages
«Crésus recevant un tribut d'un paysan», une peinture de Claude Vignon (1629). © DR

Pour les petites communes reculées, la survie démographique et financière est un exercice précaire. Si un Crésus sauve la mise à Crésuz, à Albinen, on paie pour éviter de disparaître. Tandis qu’aux Planchettes, on ferme l’école du village. Trois réalités d’une même fragilité.

Quand un super-riche s’installe dans une petite commune, celle-ci se frotte les mains, mais quand il déménage, elle se désole. Le Blick a fait le tour de ces villages entre fortune et infortune. Le quotidien mentionne notamment le cas de Crésuz, 500 habitants, situé à 900 mètres d’altitude sur la route qui mène de Bulle au col du Jaun. Paul Bulcke, homme d’affaires belgo-suisse fortuné et ancien président de Nestlé, y a construit sa maison en 2010 et s’y sent bien. Qu’est-ce donc qui l’a amené dans ce coin perdu? Le nom peut-être? A une lettre près celui de Crésus, le dernier roi de Lydie (la Turquie actuelle), qui a régné de 561 à 546 av. J.-C. Célèbre pour sa richesse légendaire, fondée sur l’or du fleuve Pactole et ses conquêtes, il a introduit le bimétallisme — monnaies d’or et d’argent pur: les «créséides». Vaincu par le Perse Cyrus le Grand, sa vie est un symbole antique de l’orgueil et de la chute. On plaisante. Non, nous n’annonçons aucun malheur à Monsieur Bulcke! Ni à Crésuz.

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